islande - la Gæsavatnaleið - en vtt

préambule

... Après un premier voyage en 2004 qui nous avait fait découvrir de très beaux sites comme Kerlingarfoll ... Landmannalaugar ... le Laki ... Skafatafell

... toujours en vtt,un second rêve, tout doucement a germé ... puis a mûri ... pour devenir réalité en 2008

: faire l'ancienne piste 910 qui longe le nord du Vatnajokull au plus près du glacier   : " La   Gæsavatnaleið  " !

  Les nombreux écrits que j'ai pu parcourir à son sujet m'ont appris qu'elle était réputée comme étant peut-être la piste la plus difficile d'Islande ... et qu'il fallait s'en méfier comme de la peste! ... que beaucoup s'y étaient cassé les dents, qu'il fallait une petite dose de folie et un peu de chance avec la météo pour réussir l'entreprise...

    Il faudra pousser le vélo dans le sable mou sur des kms et des kms

    Sans doute avec du vent ... peut-être même beaucoup de vent!

... passer des zones innondables en tenant compte de la fonte du glacier .

...avoir des réserves d'eau pour 3 jours.

... et peut-être avoir trop d'eau à la fin ... au moment de passer les gués !! ... que du plaisir en perspective !

  C'est  bien sûr toutes ces difficultés aussi qui provoquent l'excitation intérieure et l'envie grandissante d'aller s'y frotter !

... Trois ... nous serons trois :

  -  Guy , l'ancien de 2004 , solide et réfléchi.

  -  Bastien , le petit dernier,fort comme un turc, sportif accompli ( il prépare "la diagonale des fous" à la Réunion 145 km et 8000m de dénivellé ... à pied ).

  -  et moi même , Reun ... je suis l'instigateur et suis ...très motivé !!!

   Au fait ... " ... je vous le dis tout bas mais ils ne savent pas que c'est très très dur !!... schutt !"



Publié à 09:35, le 9/09/2008,
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 ... Vous avez vu ?

 

 

... Vous vous doutez bien, qu'avec tout ce harnachement, c'est une bonne galère de mettre tout ça dans une voiture!

... De prendre le TGV!

... puis de promener nos housses, nos sacs à dos et nos sacoches à Roissy, d'un terminal à l'autre ... par des escaliers et des ascenseurs trop petits !!

 

... Mais bon, l'Islande, ça se mérite !

 

   Le premier soir, nous nous sommes retrouvés au camping de Reykjavik, pour une petite nuit, avant de prendre le bus du Kjölur ... avec une étape de 24 h à Kerlingarfoll ( on nous a laissés au bord de la piste, pour nous reprendre le lendemain, au même endroit, à la même heure, avec un seul billet réservé en ligne ... c'est possible !)

   Guy et moi connaissions déjà l'endroit, mais pas Bastien.

... Nous passions si près ... et c'est si beau ! nous ne pouvions pas ne pas le faire.

 

 

 

 

... Une journée ensuite sur le site de Myvatn que nous avons bien sillonné, avec nos vélos libres de tout bagage ... et sous un soleil !!!

 

 

 

 

... Et le lendemain, départ pour les vraies pistes!

... 140 km d'ici Askja, que nous espèrons atteindre en deux jours.

... Le premier soir, alors que la pluie commence à tomber, il est déjà tard, et nous ne sommes guère motivés pour monter la tente... quand, miracle, à proximité d'un gué, une petite hutte en pierres, à flanc de colline ( genre bergerie ) semble nous tendre les bras !

... On ne se fait pas prier et, vite, on investit l'endroit pour la nuit.

... Super! ... je vous la recommande ! ... il y a même une porte!

 

 

 

 

... Tout au long de notre deuxième journée, le volcan Herdubreid nous surveille en permanence ... il nous impose le respect.

 

 

 

 

... Il a une présence si forte !

 

 

 

 

... Et arrivée majestueuse à Askja !!

... Nous y arrivons en fin de journée, et pour ma part, au ralenti, victime d'un gros coup de fatigue ... genre "fringale!"

   Mes deux acolythes, heureusement, sont très attentionnés avec moi!

   C'est normal ... il n'y a que moi qui connaisse le parcours! ... ils ont intérêt à prendre soin de moi!.. Ah! Ah! Ah!

   En attendant, Guy m'a "rassasié" sur la piste de quelques morceaux de fromage et autres gâteries puisées au fond de son sac ... il m'a suivi ensuite, pas à pas jusqu'à l'arrivée .

   Bastien, notre cuisinier favori, a, pour sa part, préparé, le soir venu, des petits mets pour finir de me retaper !

   Le lendemain matin, à vide de bagage, nous grimpons les 8 kms qui nous séparent du parking, point de départ de la caldeira ... et un peu de marche ensuite pour découvrir les deux superbes lacs que nous aurons le plaisir d'admirer sous un beau soleil, avec une vue alentour à couper le souffle !!

 

 

 

 

  L'après midi, comme il se doit, nous faisons une petite ballade dans la gorge de Drékagil.

 

... Il faut avouer cependant, que nous sommes déjà tout excités, car, tout à l'heure, nous devons prendre la fameuse F910 !

... A signaler que, dans cette petite gorge justement, en voulant jouer les cabris, sautant de rocher en rocher, je me suis mal reçu et, brutalement ... grosse douleur derrière la cuisse !

... C'est malin !! ... ah non c'est pas vrai !!

.. Bien sûr, je me vois déjà avec un claquage ...  forcé d'abandonner et de faire demi tour !

   Espérons que Guy, l'expert en élasto, va me "réparer" tout ça !

   N'empêche que cela me gâche toute la fin de journée ! ... je dois avoir la mine renfrognée des mauvais jours !!

   On verra bien ... Il est 17h quand nous passons devant le panneau : Nydalur 125 kms ... et nous avons un petit pincement au coeur, car, c'est là vraiment que commence  notre défi .



Publié à 09:34, le 9/09/2008,
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... les 6 premiers km

... Avec cette piste très caillouteuse et difficile, nous sommes tout de suite dans le bain! ... là, normalement, sur ce genre de terrain, il faut avoir une certaine vitesse pour pouvoir effacer les obstacles et garder une ligne de conduite assez rectiligne ...

Moi, avec ma petite gêne à la cuisse, je suis un peu sur la réserve et, de ce fait, je vais ... trop lentement ... je tape dans tous les cailloux et mon "équipage" va de droite à gauche comme un bâteau ivre:...et bien sûr ça finit mal ! ... je perds l'équilibre ... tombe lourdement sur le côté ... le vélo chargé de tous ses kgs par dessus moi !! ... la totale !!

... Je ne mets que quelques secondes pour me relever ... Guy et Bastien, un peu en retrait, n'ont rien vu ! ... tant mieux! ... ça en aurait encore un peu rajouté à l'ambiance un peu inquiète du moment !

   On continue comme cela une bonne heure avant d'apercevoir le lac qui marque le début du sable mou ... D'ailleurs, en parlant du sable mou, nous avons déjà commencé à faire connaissance avec lui ... épisodiquement, il s'est insinué devant nos roues ... sans crier gare, nous forçant la plupart du temps à mettre pied à terre .

   Pour de tels passages où ça enfonce, il faut essayer de mettre tout son poids en arrière ... d'avoir le développement adéquate et une certaine vitesse ... parfois ça passe !... mais ne soyons pas présomptueux ... et avouons que souvent nous n'avons pas le dernier mot!

   Après avoir dépassé le lac, nous voyons se dresser devant nous une énorme dune de sable noir ; Nous commençons à la gravir ! et on comprend tout de suite les difficultés qui nous attendent !

 ... Mais, à quoi bon commencer ce soir à galérer dans le sable ... pour s'installer où ?

... A l'unanimité, nous décidons de faire demi tour pour retourner planter notre tente, à l'abri du mont qui précèdait le lac.

   Guy nous trouve un endroit sympa, où nous pourrons ...

... tranquillement nous endormir dans le lit ... d'une rivière à sec !



Publié à 06:52, le 8/09/2008,
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pousser le vélo dans le sable mou !

... On dit : "la nuit porte conseil"

... pour ma part, elle a été assez tourmentée ... et les trolls du désert n'ont pas cessé de me torturer et de me harceler  à grands coups d'idées noires ! ... essayant de me persuader que la douleur de la cuisse me forcerait à jeter l'éponge!

... pour m'extirper de leurs griffes, je décide de me lever plus tôt pour aller marcher un peu et juger ainsi de mes véritables sensations

... Avec ce soleil qui s'invite à l'horizon et commence à donner au glacier un bel éclat bleuté ... comment voulez vous que ça aille mal ! ... d'ailleurs, avouons que même si la gêne est toujours bien présente, ça ne va pas plus mal qu'hier soir ... bon allez, disons que ça devrait aller !

      

Guy et Bastien émergent doucement de leur duvet douillet et enfilent ... leurs céréales bienfaitrices ... empêtrées de lait concentré ! ... ça, quand vous l'avez avalé, ça vous tient à l'estomac pour un bon bout de temps !

Tranquillement, nous rangeons nos "petites affaires" ... sans oublier de faire notre réserve en eau dans la petite rivière d'à côté , en effet pendant 2 ou 3 jours, il n'y en aura plus et c'est un vrai problème ! ... Nous avons chacun 2.5 litres sur nos vélos ... 1.5 litre dans le dos et 10 litres dans un "sac à eau" que chacun doit porter à tour de rôle ! ... sachant que ce sac à eau est fait pour être suspendu et n'est donc pas complètement hermétique ! ... cette initiative, la mienne n'est pas des plus géniales !! surtout qu'avec mon problème, je suis, pour l'instant ... "déchargé" de cette corvée ... c'est Bastien qui s'y colle ... le pauvre!

... J'ai beau essayer une plaisanterie en disant que j'avais organisé ce périple et donc choisi ... mes "porteurs d'eau" ... ça ne lui arrache qu'un maigre sourire !

... Maintenant que nous sommes sur le plateau ... chacun prend son rythme pour pousser le vélo ...

 

 

   Pour l'instant, la piste est jalonnée de loin en loin de piquets jaunes mais nous en restons à distance malgré tout, car nous recherchons obstinément "la ligne droite" inutile, en effet, de faire des kms en trop !... et avec nos jumelles, nous essayons périodiquement de les retrouver et de les suivre.

 Très vite, nous décidons d'enlever les pédales pour éviter de les "prendre" sans arrêt dans le mollet ... de toute façon, il faut se faire une raison, aujourd'hui les pédales ne devraient pas nous servir beaucoup !

... Mais, rapidement, on voit se profiler devant nous une tempête de sable  ... on va droit dessus et pas question de l'éviter!

 

 

 

... Les premiers "souffles" nous atteignent et le sable rougeoyant file vers nous à grande vitesse!

 

 

 

... Puis, subitement, au bout d'un quart d'heure, le vent cesse.

   Avec Guy, on se regarde et on se dit : "bof, ça n'était pas bien méchant!" ... mais très vite, on déchante car on s'aperçoit que ça n'était, en fait, que les prémices ... de la vraie tempête qui, elle, occupe bientôt tout l'horizon et nous enveloppe bien vite totalement ... et ce, pour plusieurs heures !!

... Le vent est beaucoup plus fort ... le sable tourbillonne autour de nous et cherche à s'infiltrer partout ...il nous cingle le visage et les jambes ( surtout ceux qui sont en short ... hein Reun! ) ...

... C'est le moment de fermer les écoutilles ... de faire profil bas ...  de regarder humblement vers le sol et d'avancer ... avancer sans se poser de question!

... De toute façon cela ne servirait à rien de s'arrêter pour se mettre à l'abri , et se mettre à l'abri où ?

   D'ailleurs, le gars de Drékagil, hier soir, nous l'a dit en partant : "là bas, vous aurez du vent ... il y a toujours du vent !"

   Par moment, la visibilité est très basse et on ne voit pratiquement plus Bastien qui est très loin devant ... à croire que plus on est chargé et plus on va vite !

... c'est lui qui a les jumelles, il peut donc suivre plus ou moins les fameux piquets jaunes de la piste ... Guy et moi, nous nous en sommes ostensiblement rapprochés, pour, à tout prix ne pas les perdre de vue ... on serait sinon dans de beaux draps!

   Dans des endroits pareils, c'est souvent l'adjectif "lunaire" qui revient ... mais quel autre terme plus juste pourrait-on employer? ... aucun ! ...   avec ce ciel qui s'en mêle en se confondant avec la terre ... ces hurlements du vent et ce sable ... qui en rajoute une couche et nous aveugle !! 

 

...D'ailleurs, ne seraient ce pas des trolls, ces roches qui sortent de terre ? ... menaçantes et agressives ... qui se jettent sous nos roues ... peut-être cherchent-elles à nous effrayer et nous nous faire faire demi tour !! 

... Mais, c'est mal nous connaitre! ... il ne faut pas croire que nous allons céder sans combattre !

   En attendant, il faut avouer qu'une certaine fatigue commence à se faire sentir, avec ce vent de face toujours aussi puissant!

   De temps à autre, cependant, le ciel s'éclaire et laisse passer quelques "clins d'oeil" du glacier qui, dans toute sa majesté nous observe.

 

   On ne sait pas trop où on est exactement ... combien de kms on a parcouru ... A un moment donné, alors que je marche près de Bastien, on voit Guy, le seul à ne pas avoir enlevé ses pédales, remonter sur son vélo ...

 

 

 

 

  En fait on aborde la plaine alluviale ...le sable a changé de couleur et le soleil qui perce maintenant le plafond nuageux, donne à l'endroit une lumière blafarde ...la visibilité reste réduite ... Guy s'éloigne et n'est bientôt plus qu'un petit point perdu sur la ligne d'horizon et va se confondre avec l'eau, le sable et le glacier.

... Mais, alors que nous continuons à avancer, le petit point grossit à nouveau ... Guy, semble-t-il, s'est arrêté près d'un panneau ..

... où il est écrit : "Askja 22"

... Il est près de 14h ... depuis ce matin, nous n'avons donc fait qu'une quinzaine de kms !

... On s'observe un peu ... nous avons le visage fatigué et noirci,tels des mineurs qui sortent de la mine en fin de journée! 

 

 

  

 

 

   une tempête dans un désert

           ...  ça vous change un homme !!

 

 

  

   

 

 

   Cela fait à peine 5 minutes que nous parlons, quand Guy, en se retournant, se rend compte que l'eau est déjà là, elle arrive derrière nous.

 

 

 

 

... La journée est déjà avancée, il fait chaud, le glacier fond à grande vitesse, nous n'avons aucune visibilité et nous ne pouvons pas nous aventurer sans risque dans cette zone ...à pied avec un sac à dos, oui... mais avec un vélo chargé, non !

  C'était pourtant l'itinéraire que j'avais prévu ... nous sommes contraints de prendre à droite la piste qui remonte par la nouvelle 910 ... nous reprendrons ensuite à gauche  dans 7-8 kms vers le glacier et Urdarhàls .

   Cela ne nous arrange guère et nous fait faire un bon détour de quelques kms ... et quels kms ? !! ça va monter !

   Nous nous élevons légèrement, la vue est superbe ... nous traversons un champ de roches très acérées, avec le glacier et la zone innondable qui se détache en contre bas. 

 

 

 

 

 

... Puis tout doucement la difficulté augmente ... les pentes se font plus raides ... le sable mou s'est accumulé .

 

 

 

 

  Souvent, le premier arrivé en haut d'un raidillon, laisse tomber son vélo et vient prêter main forte au second ... et ensuite les deux redescendent aider le pauvre troisième ... et ainsi de suite, on recommence

   Un vrai rituel d'entraide s'est installé ... souvent sans un mot ... il 'y a pas besoin ... nous sommes dans le même effort et constituons une vraie équipe ... avec le même but ... il faut avancer ... et passer l'obstacle !

 

... L'après midi se passe ainsi, rythmé par le bruit des pas lourds qui "attaquent" le sable ... parfois, on s'arrête tous les vingt mètres pour souffler ... heureusement, le paysage est là pour nous encourager !

...Pour aujourd'hui, nous avons décidé d'aller le plus loin possible, sauf si, bien sûr, l'un de nous trois flanche et demande grâce !

 

 

 

 

   Il est presque 21h quand nous décidons de nous arrêter ... nous venons de croiser l'intersection de la 910 avec la portion qui redescend vers le glacier ... et oui, seulement!

...Depuis le début de l'après midi, nous n'avons que 8-9kms !! ... on serait mieux sans vélo ! ... c'est sûr ! ... mais c'est notre challenge !

 

 

 

 

... Un peu plus loin, on se trouve un coin sympa pour passer la nuit ... nous devons être, je pense au sommet ... demain, on commencera par une descente ... joyeuse perspective !

... Nous ne perdons pas de temps pour monter la tente, surtout qu'une petite pluie semble vouloir s'inviter.

... A peine avons nous dégusté les pâtes préparées avec amour par notre cuisinier en chef que nous nous glissons avec délice dans notre sac de couchage et nos paupières, vous vous en doutez, ne tardent pas à se refermer !!

... Une journée très belle ... très physique.

... Face à cette fatigue, nous avons la vraie récompense d'avoir lutté ... et gagné contre une certaine adversité de la nature qui ne nous a pas ménagés !

... A moins que ce ne soient les trolls qui nous poursuivent et nous harcellent de leurs pics acérés ?!



Publié à 06:49, le 8/09/2008,
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... vers Urdarhàls

... Les derniers ronflements de la nuit sont à peine éteints que je me lève pour mon dérouillage matinal.

 

... Alors que je me suis éloigné du campement de quelques centaines de mètres, je me retourne et aperçois un oiseau qui vole autour de la tente ... et se pose tout près du vélo de Bastien !

 

... Je m'approche doucement, pour essayer de ne pas l'effaroucher, et, à ma grande surprise, il en fait de même avec moi ! ... il marche vers moi !

... En fait,c'est une oie sauvage ... elle n'a de sauvage que le nom ! ... elle cancane en se dandinant et prend plaisir à se faire photographier ! ... comme une star !

 

 

 

 

... Etonnant cette rencontre !.. dans ce monde minéral qui semble pourtant absent de toute vie !

   Ce matin, théoriquement, nous aurons un profil plutôt descendant ... tant mieux !

... En effet, pendant une heure ou deux, on se rapproche du glacier.

 

 

 

 

 

... Il y a encore pas mal de passages sablonneux.

 

 

 

 

 

 

... Mais nous finissons par découvrir la zone innondable qui s'étale devant le glacier ... rien à voir avec hier, il y a, ce matin, une jolie luminosité qui confère à l'endroit une grande majesté !

 

 

 

 

 ... Mais bien que le fond soit assez ferme ... il arrive que cela enfonce un peu !

 

 

 

 

 

   Le glacier est imposant ...

 

...Nous nous dirigeons vers le mont Urdharals et nous faisons halte sur ses premiers contreforts pour pique niquer ... Bastien en profite pour s'éclipser un peu et se faire une petite aquarelle !... c'est l'artiste de l'équipe !

 Guy et moi chacun de notre côté partons explorer l'endroit ...  on a vraiment envie de respecter ce silence, que seul trouble un bruit lointain de cascades issues de la fonte du glacier qui commence son travail journalier et redonne vie à toutes ces petites rivières qui, à nouveau, vont envahir toute la plaine !

   Quel spectacle !!

   Notre repas avalé, nous recommençons à gravir le mont Urdarhals ...

   A un moment donné, j'entends Guy me lancer une phrase .. que je ne saisis pas sur le champ ... dommage !

   ... Dans les secondes qui suivent, mon vélo s'arrête tout net avec un grand bruit qui vient de l'arrière !

... Un regard suffit !!... le derailleur est complètement vrillé ..tordu !!... et je mesure tout de suite la gravité de la chose !

   Le sac des détritus qui pendait à l'arrière de mon vélo est venu, avec les soubresauts de la piste, se jeter sur le côté de la roue et se coincer dans le derailleur !

... Les efforts répétés de Guy et Bastien, venus au chevet du malade n'y feront rien.. Il faut se résoudre à me mettre en pignon fixe !

... Pour ceux qui ne connaissent pas les secrets du vélo, il s'agit de supprimer le derailleur et de placer la chaine sur une "vitesse" intermédiaire ... là, en l'occurence et vu la faible vitesse à laquelle nous pouvons rouler, sur le petit plateau ( grosse erreur !)

 

 



Publié à 06:48, le 8/09/2008,
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Kistufell ... vraiment un refuge d'urgence

   Vous les férus de l'Islande, vous connaissez certainement l'adage qui dit : 

   "S'il fait mauvais ... attends cinq minutes!"

   Malheureusement,je pense qu'il doit se dire aussi dans l'autre sens !

... Après notre épisode derailleur, alors que nous venons tout juste de finir de manger ... torses nus, il ne se passe pas plus d'une demie-heure , pour que, brutalement le temps ne s'inverse complètement !

... A peine avons nous recouvert nos bagages de leur housse    et ... et enfilé notre "goretex" que de grosses gouttes commencent à tomber, aussitôt accompagnées des grosses rafales de vent !

... Incroyable! ... très vite, nous nous retrouvons confrontés à d'énormes bourrasques qui nous bousculent dans tous les sens , nous empêchant même de respirer quand nous regardons en face !

... Sans parler du terrain, constitué de grosses pierres, qui nous compliquent bien la tâche, en se mettant sans arrêt en travers de notre chemin! 

... Et il faudra pousser ainsi nos vélos pendant un bon bout de temps.

   A un moment donné, Bastien qui est en tête s'arrête, se retourne vers nous et nous fait signe de venir .

... Nous abandonnons nos vélos et le rejoignons ... pour découvrir le cratère d'Urdarhàls.

... Il ne se présente pas sous son meilleur jour.. Dans ces conditions dantesques, nous le trouvons lugubre à souhait.

    Nous ne nous attardons pas et entamons tout de suite la descente.

   Par moment, le ciel obscur, en se déchirant, laisse entrevoir un coin de ciel bleu, qui laisse passer une lumière complètement irréelle dans la vallée qui commençe à se dévoiler devant nous tout en bas !

 

 

... Mais le vent toujours aussi fort commence à nous inquiéter franchement quand on voit par où il va falloir passer tout à l'heure !!

   je sais que, quelque part ... pas très loin d'ici, il y a un refuge d'urgence ! ... mais où ?

... Tout ce sable "déchainé" dans la vallée nous empêche  de discerner quoi que ce soit!

... Mais Bastien, perspicace, finit par découvrir dans ses jumelles une petite baraque en bois ... accroché sur une pente : Kistufell ... c'est bien Kistufell !! avec son petit WC à 50m.

Génial ! quelle joie!... je crois que ce sera là,pour moi, le souvenir le plus fort et le plus marquant ...

... Mais surprise, Guy n'est pas chaud du tout pour s'y rendre et tempère notre enthousiasme.

...il trouve l'opération périlleuse et préfèrerait faire le gros dos à l'abri quelque part par ici dans un repli de terrain !

... Il est vrai que quand on voit ce qu'il va nous falloir traverser avant de l'atteindre !! ... c'est un peu inquiétant!

( vous voyez Kistufell là haut sur la photo ... on le distingue à peine !)

 

 

 

... Mais, avec Bastien, on est plutôt "pour", car d'une part, une tempête, ici, peut durer plusieurs jours ! ... et de toute façon, en cas de problème, on pourra toujours faire demi tour.

... Rapidement, Guy se range à notre avis et nous partons tête baissée et pleins d'espoir à l'idée de se retrouver bientôt, peut être, à l'abri

   Nous enchainons les raidillons ensablés ...

  Je ne vois plus guy et Bastien qui ont disparu derrière l'un d'eux et je me dis avec délice : cette fois, c'est le dernier ... Kistufell doit être là, tout près!.... allez, encore un effort !

   Arrivé près du sommet de la côte, chaque pas supplémentaire me donne  un peu plus  de perspective ...

   Non, c'est pas vrai !  ... j'aperçois Guy, un peu plus loin, avec Kistufell, flanqué de ses toilettes ... là bas, tout là bas!

 

 

 

   Enfin, nous y sommes presque ! mais..

... Une dernière interrogation, tout de même, nous interpelle soudain : et si c'était fermé ?!

... d'ici, à 200m , tout a l'air hermétiquemet clos !... Guy laisse tomber son vélo et décide d'aller jeter un coup d'oeil ... inutile de monter là haut avec nos lourds engins... et avec Bastien, nous attendons ..

 

 

... Guy atteint le refuge ... disparait derrière pendant de longues secondes qui nous paraissent interminables ... et réaparait, triomphant, les bras levés en signe de victoire !!

... On se regarde avec Bastien et nous sommes envahis brutalement d'un énorme regain de courage!

... C'est le bonheur!  Nous empoignons le vélo de Guy pour l'emmener là haut près du refuge ... d'un seul coup, il a l'air tout léger ! ...  allègrement , nous redescendons chercher les nôtres pendant que Guy redonne vie à notre petit refuge en ouvrant un à un les volets !

... Comme nous serons bien dans notre petit "home"!

... Le plus étonnant, c'est que nous avions à peine investi l'endroit que les éléments déchainés se sont soudain apaisé ... la pluie a cessé ... le vent s'est calmé, et le ciel s'est dégagé !

 

 

 

 

... J'avais lu qu'à Kistufell, on pouvait parfois trouver de l'eau et je me mets donc en quête de retrouver le précieux liquide ... mais à l'endroit indiqué : rien

... tant pis on fera sans ... on peut bien patienter jusqu'à demain.. on fera le plein en passant à Gaesavotn.

... Le soir venu, petite soirée sympa à la bougie !

... Guy rejoint, difficilement ses "appartements".. Il a choisi d'occuper le lit superposé, tout là haut ... pas facile à atteindre en plus! ... hein Guy!

... D'ailleurs, dans la nuit, il nous a fait tout un raffut avec des effets de lampe qui s'allume et qui s'éteint pour venir se réinstaller par terre! ... notre Guy avait trop chaud en altitude!



Publié à 06:30, le 8/09/2008,
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   Ce matin, il fait super beau ...

   Nous nous levons le coeur léger.

... Pour ma part, je commence par aller brûler, tout ce qui peut l'être comme déchets, derrière le petit wc solitaire.

... Même lui est accueillant ... vu le peu de monde à passer sur la piste en bas, une fois assis sur le trône,on peut négligemment laisser la porte ouverte et admirer le superbe paysage !  

... Bon, tout le monde est prêt ? 

 

 

 ... "Kistufell", nous allons te quitter ... nous avons tous les trois, avec Bastien et Guy, un petit pincement au coeur  ... tu nous as si bien reçus !

... Quand nous t'avons aperçu, hier, accroché à ta colline, en train de scruter l'horizon à la recherche d'éventuels naufragés ... quelle joie nous avons éprouvé!

... Tu étais ,là, comme une invitation ...

... De toute façon , nous donnerons ton adresse à tout le monde !

... A peine ai-je retrouvé la piste que je suis vite confronté à des réflexions plus terre à terre : mon dérailleur ! ... enfin l'absence de dérailleur !

... Avec mon pignon fixe , sur le petit plateau ... et mes 9 km/h en vitesse de pointe, je ne risque pas d'être flashé sur "l'autoroute"!

... Et en plus, dés que ça monte un peu, je déraille facilement ... allez tout le monde descend et on remet ça !

... Infernal!

... Allez, restons calmes ! ... Tour à tour, Guy et Bastien m'accompagnent et m'attendent...ils roulent près de moi pour me réconforter de leur présence .

... Et signalons en passant qu'ils ont été sympas de me délester de certains bagages.

   Après une première partie de la matinée relativement facile ...

 

 

 

... Nous nous rapprochons à nouveau du glacier et nous "flirtons", avec lui.

   Pendant plusieurs heures, nous allons le côtoyer de trés près .

   Heureusement que nous sommes tôt dans la matinée, car, déjà, un peu partout, il "dégouline" de tous côtés, avec un petit bruit de fond de l'eau qui coule et qui s'écoule !

    Cela doit être bien problèmatique de passer ici l'après midi.

 

 

 

 

   Nous traversons tous ces petits ruisseaux avec précaution car souvent, cela enfonce brutalement ... il faut donc choisir le bon pédalage!

   Pour ma part, je suis avantagé! ... je n'ai même pas besoin de réfléchir ... je n'ai qu'une vitesse ! Ah, Ah, Ah !!

   C'est bien pour cela que j'ai décidé de ne plus trop me préoccuper de savoir si cela va passer! ... je passe

... Après tout, ça n'est que de l'eau !... fraiche cependant ... bien fraiche même !

   Parfois, nous approchons très très près du glacier.

   Il faut faire cependant attention, car il parait qu'à la racine même du glacier, sur une dizaine de mètres, on peut tomber brutalement sur des sables mouvants ... très mous qui peuvent vous "avaler" en un clin d'oeil !

 

 

 

   Quelle superbe matinée !

   Avec tous nos sens en éveil, sachons profiter de l'instant et n'oublions pas de le fixer pour longtemps sur notre pellicule intérieure !

   Et que dire de cette énorme vague qui déferle vers nous, prête à nous engloutir !

 

 

   Doucement, nous nous écartons du glacier et abordons une zone plus minérale.

   Je serpente parmi les blocs de lave et de temps en temps, je grimpe sur l'un d'eux pour voir si mes deux compères suivent.

   Non ,non, je ne les ai pas semés! ... ils ont dû simplement s'arrêter pour recueillir un peu d'eau, au cas où nous en manquerions... celle là, elle va sûrement "craquer sous la dent!!"  avec toutes ses scories volcaniques accumulées!

    Nous sommes parfois ainsi, assez loin  les uns des autres ... on aime bien en rajouter un peu dans la solitude ambiante.

   Tout doucement, nous nous élevons pour arriver enfin au sommet, hérissé de caims.

   De là, on découvre le Sprengisandur qui s'étale jusqu'à l'horizon, tout là bas!

... Le soleil, en jouant avec les nuages, le transforme en un tableau interactif plein de nuances aux couleurs fondues sans cesse renouvelées ! ... c'est superbe

 

 

... et en face, quelle formidable descente ... à faire rêver un vététiste !

   Malheureusement, pour ma part, avec mon vélo "déglingué", je vais devoir opter pour la prudence ...

... La mort dans l'âme,je laisse filer Guy et Bastien.

   A peine ai-je commencé à descendre, que, pour une nième fois, je dois remettre ma chaîne ... je suis habitué maintenant, et là, pourtant, cela se passe mal : le vélo, chargé à l'avant échappe à ma vigilance, bascule et se couche sur le côté ... je pousse un grand cri! ... je viens de m'enfoncer le pédalier dans le devant de la jambe !

... Guy et Bastien n'ont sans doute rien entendu !... de toute façon, s'ils avaient entendu mon cri, cela les auraient juste fait sourire et ils ne se seraient même pas retournés !!

... Vous pensez sans doute que ce sont des êtres infâmes !! ... non, non ... c'est que, en fait, de temps en temps, je crie comme cela sans raison ... juste pour leur faire peur !

... et voilà, bien m'en a pris !

... Vous pensez peut-être que j'exagère la blessure!... et bien la voilà !

 

 

... Oui, je sais , c'est pas bien grave non plus !

... De toute façon, ils sont déjà loin ... avec la pharmacie dans leurs sacoches!

   Après un dernier regard sur ma jambe, je remonte ma chaussette et m'engage à mon tour dans la descente.

... pour le pansement, on verra ce midi.   

   Je les rejoins ... on se trouve un petit coin pour le repas et j'interpelle Guy pour lui montrer la blessure.

   "gaste ! ... c'est profond !... pour bien faire, il faudrait recoudre!"

... Mais bon, on se contentera des stéristrips ... Guy, très consciencieusement, me fait un super pansement ... je n'ai même plus mal! ... merci Guy.

... Après le repas, un peu plus loin, nous atteignons Gaesavotn et le lac des oies que, brutalement, nous surplombons de très haut!

 

 

     Encore une superbe decente que je vais rater !...

   Vous avez vu ?  : une vraie montagne russe !

   Le petit refuge, tout propret et blanc comme un sou neuf, posé sur son tapis orangé, se détache superbement de l'immensité grise qui caractérise cet endroit.

 

 

 

 

   Le terrain est maintenant plus roulant ... mais sur le petit plateau, ça n'est pas génial ... et Bastien, l'expert en transmission me propose de réinstaller la chaine sur le moyen plateau.

.. Pourquoi pas !

   Aussitôt dit, aussitôt fait ... allez, on essaie!

   Quelle joie de pouvoir à nouveau pédaler .. et avancer!

   Je suis tellement euphorique que sur deux ou trois kms, j'enchaine les raidillons à un rythme endiablé!

... Je m'arrête enfin, pose un pied au sol et me retourne ... Bastien arrive tout juste ... essoufflé! ...                     

... il me lance : "hé Reun, quelle mouche t'a piqué! j'ai un mal fou à te suivre! "

   Bientôt, nous arrivons en vue du panneau ...

 

 

 

... Qui nous indique la fin de notre fameuse   F 910 : La gaesavatnaleid .

... On se regarde et, tour à tour , on se fait une bonne accolade bien vigoureuse et sincère !

   On prend vraiment conscience que nous venons de réaliser notre défi ... avouons que ça n'était pas joué d'avance !

   C'est à ce moment là, que j'ai pensé à tous ceux qui le font seul ... et je leur tire mon chapeau car seul, il faut avoir un sacré mental dans les moments difficiles !

... Mais, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines !

   Il reste 30 kms avant Nydalur; Nous aimerions bien y être pour demain midi et prendre le bus qui nous emmènerait à Landmannalaugar.

( Nydalur - Landmannalaugar n'est pas captivant du tout ... surtout avec deux vélos et demi pour trois! )

 

 

 

 

   Allez , en route ! 

   Nous passons le pont qui marque notre dernière étape ; nous allons essayer de faire le maximum avant la nuit ... sachant qu'il y a quelques gués en perspective!

   A peine passé le pont, ma chaîne fait encore des siennes, se bloque ... et casse!

   Cette fois, c'en est trop!... Je la ramasse, la mets autour du cou, et part en régime "marche forcée".

... Je marche ... je trottine ... je marche... je trottine.. 

   Le ciel se couvre, il commence à faire froid ... on voit bien que nous arrivons dans la région de Nydalur qui a la réputation d'être souvent glaciale.

   Un gué se présente ... il a l'air plus important que les autres et avec du courant !

    Nous quittons nos montures et nous allons tester les profondeurs pour trouver le meilleur passage.

    En se mettant à deux pour passer chaque vélo, ça passe sans trop de mal.

 

   

    Une demie-heure plus tard, un nouveau gué se présente.

    Guy et Bastien ont un peu d'avance sur moi; Quand j'arrive, ils sont déjà en train d'enfiler leurs chaussons néoprène.

   Je passe devant eux, sans les regarder ... et je rentre dans l'eau!

... Bastien, interloqué, me lance :

   "Hé Reun, tes chaussures! ... t'enlèves pas tes chaussures ?!"

... Je traverse la rivière, ressors et continue de marcher sans me retourner ... content de mon coup!

 

 

 

   Le temps qu'ils traversent, qu'ils s'essuient, qu'ils se rechaussent et qu'ils me rattrapent, il se passera bien 20 mn Ah,Ah,Ah !

   Je rie, je rie, mais, en attendant, à chaque pas, il y a un petit bruit qui m'accompagne ... un bruit de chaussures pleines d'eau ! ... Oui, je ne vous ai pas dit, mais j'ai des chaussures en goretex! ... qui ne laissent pas passer l'eau ... et qui, bien sûr, ne la laissent pas sortir non plus !

... Mais bon, ça n'est que de l'eau ... elle va se réchauffer au fil du temps!

   Le jour commence à tomber et nous sommes toujours là en train de marcher ... il va falloir songer à trouver un coin pour la nuit ... mais, ici, c'est la désolation totale... le gris et les cailloux sont rois !

   On finit par aviser un endroit un peu abrité, mais il faut "travailler" un peu le terrain ... retirer les plus grosses pierres et aplanir si on ne veut pas se retrouver tous les trois en boule au milieu de la tente !!

   On a hâte de se mettre à l'abri ... de manger ... et de s'allonger pour réparer la débauche d'énergie de cette très longue journée.

   Nous sommes à 12 kms de Nydalur; C'est peu, et c'est beaucoup.

   Nous devons y être pour midi.

... je leur ai dit midi ... pour être sûr d'y être à 14h ... je les connais les cocos ! ... shutt !!

   Après une nuit "pluie et vent", Bastien, le premier, ouvre la tente ..

   "Hé les gars! ... il neige! "

 

 

 

   Et oui, c'est vrai en plus, il neige vraiment ... espèrons que cela ne tienne pas!

   Rapidement, nous nous préparons et 3/4 d'heure plus tard, nous sommes prêts à démarrer.

   Pour ce matin, nous avons décidé de faire un relais et de prendre chacun son tour mon vélo et d'essayer de courir avec, ou de marcher vite.

   Bastien et Guy sont sympa et ils font des relais plus longs que moi ... j'ai l'impression que je n'ai pas effacé toutes les fatigues qu'hier.

  Ce matin, les paysages sont superbes; Un peu plus haut dans les montagnes, il a dû tomber une bonne petite couche.

 

 

 

   Ah, là bas, Bastien fait des grands signes!!

   Nous arrivons à l'intersection de la F 26 !

... super, plus que 5 kms !

 

 

 

 

   Le courage est là ... maintenant, nous sommes sûrs d'être à l'heure pour attraper le bus.

   A un moment donné, un véhicule arrive dans mon dos... s'arrête à ma hauteur ... la vitre s'ouvre et une femme au volant me demande : "it's OK ?"

... et je lui réponds : "it's OK"

    Je lis un peu de surprise dans son regard.

... pas étonnant : un vététiste qui pousse son vélo ...sur un terrain plat ... avec la chaine autour du cou ! ... il faut avouer, ça peut surprendre qu'il vous dise que tout va bien !

   Mais bon, on a chacun notre petit amour propre et je ne me serais pas vu faire les derniers kms dans le fourgon de cette dame!

... D'ailleurs, Bastien n'a pas manqué de me dire :               "Reun, heureusement que tu as refusé".

   ça y est, nous y sommes ... Nydalur à l'horizon !

 

 

 

   Je vois tout là bas Guy qui est déjà arrivé ; Bastien, pour sa part, est en train de franchir les deux gués qui précèdent l'arrivée au refuge.

   Je suis très content et je savoure ces derniers hectomètres.

   Pour moi, le projet, cette année, c'était : Myvatn - Nydalur et là, on est arrivé;  J'ai même l'impression que mon moteur vient de s'arrêter !

... De toute façon, tout le reste sera du bonus!

   Le refuge est très bien aménagé et la personne qui en est responsable n'est autre que celle qui s'est arrêtée sur la piste tout à l'heure.

   Le bus arrive, il fait très mauvais et nous sommes bien contents d'avoir opté pour cette solution.

   La fatigue ... le ronronnement du bus ... et je ne tarde pas à sombrer!

 

  

  



Publié à 06:20, le 8/09/2008,
Mots clefs :


    L'arrivée sur Landmannalaugar est toujours, quel que soit le temps, un grand moment d'émotion et de beauté.

 

    Mais il faut aussi penser à planter la tente ... Mieux vaut l'arrimer avec de bons vieux cailloux !

   Ici..les sardines ne sont pas les bienvenues!!

   Le résultat est assez déplorable! ... vous ne trouvez pas ?

 

 

 

... Depuis hier, je ne vais pas très bien et j'ai un oedème au visage très important.

   Si seulement il y avait un super soleil! ...je pourrais  arborer de grandes lunettes pour cacher les dégâts !!

... Je n'ai même pas envie, d'ailleurs,de vous montrer ma photo ... vous pourriez dire que je l'ai retouchée !! ... c'est à ce point là!

   Avec Bastien nous partons faire le tour du cratère géant du Ljotipollur. ( Guy m'a prêté son vélo )

 

 

   Toujours la même impression, devant ces photos : "c'est irréel"

   L'après midi, nous avons prévu de faire tous les trois, une énorme ballade qui devrait nous faire faire tout le tour du site de Landmannalaugar. 

   Là encore, c'est fantastique ! ... regardez !

 

         

 

          

 

 

 

    Je pourrais vous en montrer ainsi beaucoup d'autres !!

   Comment mieux terminer que par cette féérie de couleurs !!

... Même si le petit regret que nous pouvons émettre, c'est de n'avoir pas fait tout le programme prévu.

   Nous avions prévu, en effet, de descendre jusqu'à Porsmork.

   Les petits problèmes mécaniques nous en ont empêché, et c'est peut-être mieux ainsi, car nous avons pu profiter un peu plus de Landmannalaugar.

   Avec Guy et Bastien, nous avons eu la même sensation d'avoir passé une douzaine de jours d'une grande densité ... 

   Efforts ...  découvertes ... imprévus .. souffrances...émotions !! 

N.B.   Vous n'avez pas été sans remarquer à quel point j'ai été, tout au long de ce voyage, poursuivi par la malchance! ... ça n'était PAS de la malchance ... mais les trolls! .. ils m'avaient choisi et ne m'ont pas lâché!

...D'ailleurs, un matin, j'en ai photographié un qui était assoupi derrière un rocher, autour du campement! ... incroyable !!

ça fait très peur non !!

 

 

 

 



Publié à 06:10, le 8/09/2008,
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